Le “flux” désigne les programmes télévisuels linéaires (émissions de télévision) par opposition aux contenus de “stock” achetés ou produits par les diffuseurs (séries, films, documentaires, …).
Les émissions télévisées de flux sont généralement diffusées en direct selon une grille de programmation, mais on retrouve aujourd’hui aussi ce type de formats sur les plateformes de streaming. Le flux regroupe notamment les programmes de divertissement et de jeu, les magazines, talk-shows et l’information, ou encore les événements sportifs et autres captations de direct.
Pourquoi une analyse des genres du flux ?
Dans un précédent rapport Impact environnemental de la production audiovisuelle, cinéma et publicitaire publié en 2024, Ecoprod a démontré que les programmes de flux sont les “bons élèves” d’un point de vue de leur empreinte carbone de production. Avec un impact carbone plus faible que les genres de la fiction, le flux télévisé représente pour autant une volumétrie de production plus importante que les œuvres cinématographiques, ce qui justifie une analyse environnementale chiffrée approfondie au regard de ses spécificités.

• Quel est l’impact carbone moyen des productions de flux ?
• Quelles sont les différences d’impact par type de projet ?
• Quelles activités émettent le plus de CO2e ?
• Comment les productions de flux prennent-elles en main le Label Ecoprod ?
• Quelles sont les bonnes pratiques d’éco-production qui tendent à se généraliser et lesquels au contraire sont encore difficiles à mettre en place ?
Les chiffres et observations présentés dans ce rapport nous permettent d’avoir des ordres de grandeur en terme de production de flux et d’identifier des tendances dans la mise en place d’actions d’éco-production.
Les divertissements prime time / prestige sont les productions qui émettent le plus de CO2

Impact carbone et budget moyen par épisode d’une production selon le sous-genre éditorial des programmes flux dans Carbon’Clap
Sans surprise, les grandes productions de divertissement ont un impact carbone moyen plus élevé que les autres genres. Cette empreinte carbone accentuée s’explique par la nature des programmes de divertissement de prestige, généralement diffusés en prime-time ou sur les plateformes de streaming, qui tendent à mettre en scène un plus grand nombre de personnes, dans des décors plus conséquents ou dans des lieux de tournage plus éloignés.
Le divertissement de prestige est le genre du flux le plus émetteur de carbone avec 16,65 tCO2e/heure et en moyenne un budget de production de 500 000€.
Les activités nécessaires pour produire une seule heure de contenu de type “flux” émettent l’équivalent carbone de 13 000 kilomètres parcourus en voiture à essence (soit l’équivalent d’1/3 du tour de la Terre).
Des programmes de flux à l’intensité carbone par heure très variée

Intensité carbone en tCO2e par heure produite, quotient de l’impact total de projets par la durée des programmes produits
Quelles activités émettent le plus de CO2 ?
L’analyse de la répartition de l’impact carbone par poste d’émission révèle quelles sont les activités les plus impactantes, et permettent d’orienter ainsi des priorités dans les actions à mettre en place dans la production de flux.
Les 2 principaux postes d’émissions carbone restent les mêmes pour les genres du flux que pour les autres genres audiovisuels ; le transport et les achats de biens. En moyenne tout genre confondu, le transport est le poste d’émission le plus important (31 %), suivi par les achats de biens (16,3 % – qui intègrent notamment les décors et les costumes), la prestation de post-production (13,2 %), les groupes électrogènes (12,4 %) et l’alimentation(10,1 %).
Le transport représente toujours l’activité la plus impactante d’une production de flux.

Répartition de l’impact carbone moyen d’un programmme de flux (tous genres du flux confondus) selon les 14 postes d’émission de Carbon’Clap
Le flux : 1er genre éditorial le plus labellisé Ecoprod !
Depuis la création du Label Ecoprod en 2023, 80 productions de flux ont été labellisées. Le flux représente donc, à ce jour, le premier genre éditorial le plus labellisé Ecoprod (40 %), devant la série fiction (27 %).

Répartition des productions labellisées Ecoprod
Le plus haut niveau d’obtention du Label Ecoprod
Chaque production labellisée se voit attribuer, en fonction de son éco-score, un nombre d’étoiles (de 1 à 3) reflétant le niveau d’excellence de sa démarche. Les productions de flux labellisées obtiennent en moyenne 2,32 étoiles, contre 2,04 pour l’ensemble des projets labellisés tous genres éditoriaux confondus. Le flux est d’ailleurs le genre éditorial avec le plus haut niveau d’obtention du Label Ecoprod, notamment grâce aux possibilités de pérennisation des méthodes que le genre offre.
La logique de production du flux (stabilité des lieux de tournage, des équipes, réutilisation des décors, réadaptation d’une saison à l’autre, etc.) facilite la validation des critères du Label Ecoprod.

Niveau d’obtention du Label Ecoprod par genre éditorial
Mise en œuvre des bonnes pratiques dans le flux
Les critères du Label Ecoprod peuvent être regroupés selon 12 thématiques, listées sur le graphique ci-dessous. Ce dernier présente les pourcentages de validation moyens par thématique, spécifiquement pour le flux, sur un échantillon correspondant à un tiers des labellisations “Performance” des productions de flux. À titre de comparaison, les pourcentages de validation globaux (tous genres confondus) sont également indiqués par des barres noires ci-dessous.

Taux de validation des critères du Label Ecoprod par thématiques pour les productions labellisées de flux
Globalement, les taux de validation des critères des productions de flux sont plus élevés que la moyenne tous genres confondus. Le flux a donc une meilleure performance sur la mise en application des critères du Label.
