Indice RSE d’Ecoprod : retour d’expérience d’Ammaria Sedjaï, Responsable RSE d’AMP VISUAL TV

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Spécialisée dans la captation audiovisuelle (studios, live et événements sportifs), AMP VISUAL TV fête cette année ses 40 ans. Engagée depuis plusieurs années dans une démarche RSE structurée, l’entreprise a utilisé pour la première fois l’Indice RSE d’Ecoprod en février 2026. Sa responsable RSE, Ammaria Sedjaï, nous explique comment cet outil est venu enrichir la trajectoire RSE d’AMP VISUAL TV.

Comment s’est traduit votre engagement au sein d’Ecoprod depuis votre adhésion ?

Nous sommes impliqués à plusieurs niveaux. Mon collègue Marc Fouquet, Directeur des Productions Sports, a par exemple participé au groupe de travail Captation Sportive. C’est un secteur central pour nous : il représente environ 60 % de notre activité. Nous avons aussi accompagné la labellisation Ecoprod d’émissions télévisées comme Danse avec les Stars sur TF1 ou 100% Logique sur France Télévisions. Et cette année, nous avons franchi une nouvelle étape en utilisant l’Indice RSE d’Ecoprod pour mesurer la maturité globale de notre démarche.

Comment avez-vous abordé l’Indice RSE d’Ecoprod ? Qu’en attendiez-vous ?

Nous avions déjà une référence externe avec EcoVadis, que nous utilisons depuis quelques années. Mais EcoVadis, c’est un outil généraliste. Ce qui m’intéressait dans l’Indice RSE d’Ecoprod, c’est sa spécificité sectorielle : les questions sont vraiment adaptées au secteur audiovisuel. 

J’en attendais principalement un état des lieux honnête : pas simplement une validation de ce qu’on fait déjà, mais l’identification de ce qui nous manque. C’est un point d’entrée pour alimenter notre feuille de route RSE, qui est co-construite avec notre Comité RSE interne.

Comment avez-vous utilisé l’outil en pratique ?

J’ai rempli le questionnaire en passant en revue l’ensemble des critères. Nous avons obtenu un indice B (entre 60 et 70 %, ce qui est cohérent avec notre score EcoVadis, et donc rassurant en termes de fiabilité). J’ai ensuite isolé toutes les questions pour lesquelles nous avions 0 point, et je les ai placées dans un document de travail. Cela nous a permis d’identifier cinq à six questions prioritaires, qui se sont traduites en une quinzaine d’actions potentielles. C’est là que l’outil prend vraiment de la valeur : il ne donne pas juste un score, il aide à générer un plan de travail.

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets des axes d’amélioration que vous avez identifiés ?

Trois chantiers se dégagent clairement, et nous les travaillons en ce moment avec les parties prenantes concernées.

Le premier concerne les déplacements. L’Indice nous a rappelé que nous n’avions pas encore de dispositif formalisé pour encourager les alternatives à la voiture individuelle. Avec le Comité RSE, nous travaillons à la faisabilité d’un Forfait Mobilité Durable pour les salariés qui viendraient au bureau à vélo ou qui combinent mobilité active et transports en commun. C’est un point sur lequel nous pourrions progresser concrètement.

Ensuite, sur la Diversité & Inclusion : nos pratiques réelles et nombreuses manquent de formalisation. Nous allons structurer avec les RH une politique plus complète (sur les enjeux Jeunes/Seniors, sur le handicap, etc.). Avoir une politique écrite, c’est aussi pouvoir la partager, la faire vivre et en rendre compte.

Enfin, sur les achats responsables : aujourd’hui, nous demandons à nos fournisseurs de signer notre Charte Achats Responsables, mais l’Indice RSE nous a montré que nous pouvions aller plus loin. Nous allons progressivement demander à un panel de fournisseurs stratégiques de partager leur bilan carbone ou de répondre à un questionnaire RSE. C’est une montée en exigence progressive, mais nécessaire.

Plus largement, qu’est-ce que cette démarche vous a apporté en interne ?

Elle a légitimé et structuré des conversations que nous avions déjà, en partie. Quand vous arrivez avec un score, des questions précises et des actions chiffrées en points potentiels, les discussions deviennent plus concrètes. Ça donne un cadre commun et puis ça crée une dynamique de progression. Nous avons prévu de remplir l’Indice à nouveau en début d’année prochaine pour mesurer l’évolution de notre note. C’est motivant d’avoir un outil qu’on peut utiliser de manière itérative, presque comme un tableau de bord.

Cette démarche nous a aussi conduits à rejoindre le Programme RSE 2026 d’Ecoprod, avec l’atelier RSE de lancement et le webinaire thématique sur les handicaps. C’est une suite logique.

Vous avez également utilisé la plateforme de formation en ligne StepUP. Quel bilan en tirez-vous ?

Très positif. Nous avons fait suivre le module Introduction à l’éco-production StepUP à 55 % de nos effectifs de production. Ça permet de créer un socle commun de sensibilisation. Ce qu’on aimerait maintenant, c’est aller plus loin et toucher davantage de collaborateurs, notamment les équipes techniques sur le terrain, les responsables de car régie, etc., avec des formats plus courts et impactants.