Ecoprod a eu le plaisir de s’entretenir avec Tiphaine Rabeisen, coordinatrice d’éco-production sur le tournage du documentaire Neo Terra (Label Ecoprod 3 étoiles).
Quelles sont les spécificités du genre documentaire ? Comment garantir une restauration locale, responsable, et disposant d’options végétariennes sur un tournage itinérant ? Comment s’appuyer sur le référentiel du Label Ecoprod pour mettre en place des actions vertueuses ? Découvrez les coulisses d’un documentaire dont le message s’aligne avec la forme !
Vous avez travaillé sur des projets variés, mais quels ont été les enjeux spécifiques de ce documentaire ?
Le documentaire, par sa nature, est déjà une forme de production relativement vertueuse. Les équipes sont souvent réduites et les budgets, souvent plus modestes que dans d’autres types de productions, obligent à optimiser les dépenses dans tous les départements, notamment les déplacements, l’hébergement et les équipements techniques. D’expérience, je trouve qu’il est plus facile de mettre en place des actions concrètes d’éco-production sur un documentaire que sur un long-métrage.
Je travaille aussi régulièrement sur des captations de défilés de mode, et dans ce type de projet, la labellisation n’est généralement pas envisagée. L’événement est déjà conçu quand nous intervenons, et les mesures écologiques ne peuvent être mises en œuvre que pour la réalisation du film de l’évènement et sa post-production. Cependant, j’utilise le référentiel du Label pour structurer ma démarche. C’est un excellent guide pour réfléchir et intégrer des pratiques de travail plus responsables. Bien que les événements ne soient pas toujours initialement conçus dans une démarche de sobriété, il y a une demande croissante de la part des clients pour que des actions responsables soient prises.
Comment avez-vous géré les repas de l’équipe durant le tournage ?
Le tournage de Neo Terra était très itinérant, ce qui compliquait l’organisation des repas. Nous avons donc choisi de déjeuner dans des restaurants situés à proximité des lieux de tournage. Cela a nécessité un travail minutieux pour repérer les options de restauration disponibles. Nous consultions les menus en ligne ou appelions directement les restaurants pour nous assurer qu’ils proposaient des options végétariennes. Bien que ce travail ait été chronophage, il s’est avéré payant. Le documentaire étant une commande de la Région Nouvelle Aquitaine, nous avons aussi bénéficié du soutien de la Chargée de communication, Nadège Galibert. L’équipe technique du film a été consultée à ce sujet et a totalement adhéré à cette démarche, d’autant plus qu’elle était en parfaite cohérence avec le thème du film : la transition écologique de la Région.
Cette démarche nous a permis de nous immerger encore davantage dans les villages que nous traversions. Parfois, des producteurs de fruits et légumes que nous filmions nous recommandaient des restaurants où nous pouvions goûter leurs produits locaux.

La table régie sur le tournage de Neo Terra
Qu’est-ce que la labellisation a changé au sein de la production ?
Chercher à obtenir le Label nous a permis de prendre conscience de certaines pratiques écoresponsables déjà mises en place, mais qui étaient parfois ignorées ou sous-évaluées. Cela a été valable aussi bien pendant la production que la post-production. La labellisation a répondu aux attentes de certains collaborateurs qui se sentaient démunis et ne réalisaient pas toujours l’impact de leurs actions ou comment elles pouvaient être améliorées. Elle a également donné un véritable élan à la société de production, incitant à s’engager davantage sur des projets futurs avec une approche plus responsable.
Le documentaire Neo Terra est disponible gratuitement sur Youtube.
Cliquez ici pour en savoir plus sur l’initiative Neo Terra portée par la région Nouvelle-Aquitaine
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