Le 6 et 7 février dernier, Ecoprod était présent au Production Forum organisé par Film Paris Region.
Nous avons été ravis de vous rencontrer sur notre stand : professionnel.le.s du cinéma, prestataires, représentant.e.s de région et de bureau d’accueil des tournages, étudiant.e.s, visiteur.se.s… Merci d’être venu.e.s si nombreux.ses pour discuter d’éco-production !
Ces moments d’échange avec vous nous sont précieux et nous permettent de mieux saisir les enjeux, freins, et opportunités qui entourent l’éco-production. Vos retours terrain et vos observations personnelles permettent de nourrir des débats importants et d’avancer vers une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux dans le secteur de l’audiovisuel.
Retour sur deux jours riches en rencontres et en échanges, où les discussions autour des enjeux sociaux et environnementaux du cinéma étaient nombreuses !
Les interventions d’Ecoprod
Vers l’éco-responsabilité dans nos pratiques de la lumière
Intervenants:
- Gaël Ollier (Innport)
- Mathieu Cauvin (Nestor Lab)
- Laurent Héritier (Transpalux)
- Lucas Boubel (Ecoprod)
- Nathalie Durand (directrice de la photographie, AFC)
- Cyrill Renaud (directeur de la photographie, AFC)
Modération:
- Danys Bruyere (TSF)
La conférence a exploré la responsabilité des métiers de la lumière et du tournage dans la transition vers l’éco-production.
Ecoprod a présenté des chiffres clés de l’impact carbone des films, soulignant notamment le rôle majeur de l’énergie. Plusieurs experts ont détaillé des initiatives concrètes pour réduire son impact, comme le biocarburant HVO100, le choix de projecteurs LED de conception durable et réparables, l’utilisation de groupes électrogènes électriques à batteries…
Le chef opérateur Cyrill Renaud a apporté sa vision créative dans l’approche de l’éco-production sur le film C’est le Monde à l’Envers de Nicolas Vanier : une éco-production où l’équipe lumière a été particulièrement investie dans une démarche de sobriété énergétique.
L’échange a mis en avant la nécessité d’un dialogue entre techniciens, loueurs, fabricants, revendeurs et productions afin de favoriser des choix durables, sans pour autant compromettre le geste artistique d’une œuvre.
Voir le replay de la conférence
Score d’éco-production et Label Ecoprod : retours pratiques et évolutions
Intervenants :
- Alissa Aubenque (Directrice des opérations et de l’international, Ecoprod)
- Delphine Merabet (Chargée de projet Label Ecoprod, Ecoprod)
- Charles Jaeger (Coordinateur d’éco-production, Cinéfrance Studios)
- Valérie Martin (Directrice de production et responsable de l’éco-production, JLA Productions)
Pour clôturer cette édition 2025 du Production Forum, Ecoprod a présenté la version mise à jour du Label Ecoprod. Ce dernier continue à suivre le workflow d’une production en se basant sur 7 critères obligatoires, et sa pondération repose toujours sur l’impact environnemental réel d’une production. Les critères du Label, audités par Afnor Certification, sont applicables sur des productions françaises comme internationales.
Après un rappel du fonctionnement et des objectifs du Label, les intervenants ont présenté ses évolutions. Un an après sa mise en route et avec plus de 120 productions labellisées, la nouvelle version du Label Ecoprod s’aligne avec les labels internationaux les plus ambitieux et avec l’AFNOR SPEC 2308 – Production cinématographique, audiovisuelle et publicitaire responsable.
Ecoprod a également renforcé ses clauses contre le greenwashing. Par exemple, une production audiovisuelle qui tiendrait des propos climatosceptiques ou climatonégationistes ne pourrait pas obtenir le Label Ecoprod. Riche de retours terrain, la nouvelle version du Label Ecoprod se dote désormais de critères sociaux qui prennent en compte des enjeux de qualité de vie au travail, de parité, et de lutte contre les discriminations.
Après une présentation pas à pas de la plateforme Carbon’Clap (l’outil de calcul carbone et de pilotage d’une production audiovisuelle développé par Ecoprod), Charles Jaeger et Valérie Martin ont partagé leur expérience en tant que responsables d’éco-production.
Charles Jaeger a parlé de son expérience sur le tournage de Yoroï, long-métrage réalisé par David Tomaszewski et Orelsan dont la sortie est prévue à l’automne prochain. En discutant de ce tournage réalisé en partie à l’étranger, Charles Jaeger a apporté de précieux retours sur la mise en place de pratiques d’éco-production efficientes, et ce malgré les aléas inévitables qu’implique un tournage international.
Valérie Martin a, quant à elle, partagé ses retours sur le tournage de la série Camping Paradis, candidate idéale au Label Ecoprod. Lieux de tournage et équipe inchangés d’une saison à l’autre, déplacements limités et réutilisation des décors, Valérie Martin a montré qu’il est possible de mettre en place les recommandations du Label Ecoprod de façon pérenne au sein d’une production. Elle a également rappelé l’importance de former ses équipes et a insisté sur le fait que la sensibilisation et l’implication de chacun dans le temps long a un impact significatif et vertueux.
Pour plus d’informations sur la nouvelle version du Label Ecoprod, cliquez ici.
Le Label Ecoprod offre des leviers pour atteindre les nécessaires objectifs de réduction des impacts carbone. Selon l’étude d’impact Ecoprod d’avril 2024, suivre les recommandations du Label permet de réduire l’impact carbone d’une production audiovisuelle de près de 40%.
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Les autres moments forts du Production Forum
Tourner avec des animaux : comment s’organiser pour respecter le bien-être animal ?
Intervenants:
- Hélène Dubouchaud (assistante-réalisatrice, présidente de l’ARA)
- Lise Fischer, (superviseuse VFX, MPC Paris)
- Manuel Thomas (metteur en scène animalier, Cie Dog Trainer).
Modération:
- Caroline Julliard-Mourgues (cheffe de service adjointe Service Attractivité, Film France)
La table ronde a permis de mettre en avant l’importance d’anticiper les conditions de tournage afin de permettre le bien-être des animaux. Il s’agit par exemple de respecter le cycle naturel d’un animal diurne et d’éviter de le faire tourner de nuit (et vice-versa).
Si les productions font souvent appel à des coachs animaliers lorsque les animaux sont au premier plan du film, il faut également prendre en compte ceux considérés comme des “éléments du décor”. En les prenant mieux en considération, nous pouvons assurer leur bien-être sur le tournage, mais aussi une fois le tournage terminé. Les intervenants ont aussi appelé à former des référents bien-être animal ainsi que des vétérinaires connaissant les spécificités d’un tournage.
L’association des assistants et assistantes réalisateurs (ARA) a également présenté les premiers résultats d’un sondage concernant le bien-être animal sur les tournages. L’enquête, qui associe l’ARA, Aloki Conseil, Dog Trainer & Réseau Cinéma, est toujours en cours et nous vous invitons à y participer en cliquant ici.
Circul’Art : vers une construction plus vertueuse du décor de film
Intervenantes :
- Sabine Barthelemy (cheffe peintre, Eco-déco Ciné)
- Valérie Valero (cheffe décoratrice, ADC, Eco-déco Ciné)
Modération :
- Joanna Gallardo (responsable de l’écosystème et relations institutionnelles, Film Paris Region)
À l’occasion du Production Forum, Film Paris Region a lancé officiellement le 3e volet de son projet Circul’Art.
Soutenu par l’ADEME et en partenariat avec la Région Ile-de-France et Ecoprod, le projet a pour objectif de :
- Créer six fiches pratiques « décor éco-responsable » en collaboration avec le collectif Eco-déco (qui seront publiées sur le site d’Ecoprod).
- Elaborer un projet pilote sur une production pour comparer l’impact d’un décor construit de manière classique et d’un décor éco-conçu.
- Réaliser une étude sur « le studio de demain » soulignant l’importance pour les studios d’établir une stratégie de mutualisation. Il s’agit de se penser comme un HUB pour optimiser leur résilience face à la transition écologique et assurer la pérennité du secteur.
- Mettre en place des rencontres professionnelles : groupes de travail et présentations publiques des travaux, outils, et études.
Lors de cette table ronde, Sabine Barthélémy et Valéri Valéro ont abordé la conception de décor en design inversé en prenant l’exemple du film Maria de Jessica Palud (qui a reçu le Prix Ecoprod 2024 à l’occasion de la 77e édition du Festival de Cannes).
Elles ont aussi évoqué leur engagement de longue date dans l’éco-conception de décor et ont insisté sur l’importance de réfléchir en premier lieu à la seconde vie du décor et à son démontage, et ce avant même de passer à l’étape de la conception.
Selon Valérie Valéro, si ce modèle entraîne une augmentation du coût de la main d’œuvre (car il implique plus de temps de démontage), il permet de faire des économies sur d’autres postes de dépense, tels que la préparation et l’achat de matière. De plus, l’éco-conception des décors permet de nourrir un sentiment de cohésion et de valoriser le travail des équipes, qui sont fières de concevoir un décor qui va être réutilisé et durer dans le temps.
Sabine Barthélémy a ensuite discuté d’innovations en ce qui concerne l’éco-conception des décors. Par exemple, elle a parlé de la thibaude, une matière faite à partir de jean et de tissus recyclés qui se démonte et se réutilise facilement, permettant ainsi de garantir le réemploi des feuilles de décor.
Bilan carbone de structure des prestataires techniques : premier bilan chiffré
Intervenants :
- Stéphane Bedin (délégué Général Adjoint, FICAM)
- Pascal Blondela (chargé de production, Saya post-production)
- Hélène Dudragne (directrice des opérations, Flying Secoya)
- Julien Loron (directeur général, Saya post-production)
En 2023, La Ficam a lancé une démarche “bas carbone” pour les industries techniques du cinéma et de l’audiovisuel accompagnée par Flying Secoya. Un groupe pilote de 15 entreprises a été constitué, et un premier bilan chiffré a été présenté lors du Production Forum 2025.
En un an, les 13 entreprises* qui ont finalisé l’exercice ont émis 4907 tCO2e, avec les achats de services comme principale source d’émissions (60%), suivi des transports (14%) et des immobilisations de biens matériels (autour de 10%).
La démarche vise à accompagner la transition écologique du secteur selon les spécificités de chaque activité (post-production image et son, post-production doublage, prise de vue et tournage) et à anticiper les évolutions réglementaires.
Une seconde promotion de 9 entreprises a été lancée fin 2024 avec pour objectif pour la FICAM, à terme, que l’ensemble de ses membres réalisent l’exercice.
* 5 entreprises de post-production image & son ; 2 entreprises de doublage ; 4 entreprises du numérique ; 2 entreprises de prises de vue & tournage.
Energies «vertes» : des innovations pour des productions toujours plus responsables
Intervenants :
- Danys Bruyère (DGA, Opérations et Technologies, TSF)
- Sophie Cazes (déléguée de la Mission Cinéma, Ville de Paris)
- Rémi Pillot (fondateur PDG, PESS Energy)
- Elodie Raspail (chargée de mission auprès de la Secrétaire Générale sur les questions RSE, CNC)
- Cyrill Renaud (directeur de la photographie, AFC)
- Diarra Sourang (cheffe électricienne)
Modération :
- Joanna Gallardo (responsable de l’écosystème et des relations institutionnelles, Film Paris Région)
La conférence organisée par le CNC a permis de mettre en avant l’importance d’une action coordonnée pour décarboner l’énergie des tournages.
Tout d’abord, il s’agit de bien préparer son tournage. Il faut penser le plan de travail en fonction des répétitions et des besoins en lumière des différentes scènes afin de favoriser l’utilisation de la lumière naturelle.
Aussi, si l’utilisation des groupes sur batterie apporte de nombreux avantages (moins de nuisances, moins de câbles, sources d’énergie plus flexibles et qui peuvent s’installer plus près du lieu de tournage, réduction drastique de l’impact carbone…), ils nécessitent aussi une montée en compétence des équipes techniques afin d’intégrer la logistique des batteries dans les processus de tournage (gestion des recharges ou déplacement des groupes à forte puissance).
Les prestataires ont aussi un rôle majeur à jouer en investissant dans des groupes électrogènes alternatifs et en mettant en place les infrastructures nécessaires aux nouvelles technologies. TSF a ainsi mis en place deux cuves de HVO et a développé un groupe sur batterie à forte puissance. On a également rappelé l’importance de considérer l’intégralité du cycle de vie des équipements : si les LEDs consomment moins d’énergie, elles sont également moins réparables et ont une durée de vie plus limitée.
La Mission Cinéma de la ville de Paris a conclu la discussion en annonçant la disparition progressive des groupes électrogènes diesel ainsi qu’une politique volontariste pour limiter le nombre de véhicules thermiques.
Merci à tous.te.s pour votre présence au Production Forum !
Pour vous investir dans la transition écologique du secteur et rejoindre Ecoprod, ça se passe par ici.
