Désenchantées : une série TV labellisée Ecoprod

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Ecoprod a eu le plaisir d’échanger avec Bastien Larue, directeur de production pour la série Désenchantées (production Banijay Studios France, diffusion France 2), labellisée Ecoprod 2 étoiles. Banijay Studios France appartient au groupe Banijay, membre d’Ecoprod.

Quels ont été les principaux objectifs d’éco-production définis dès le départ pour la série ?

Chaque projet a ses propres contraintes et ses possibilités. Il existe des évidences communes, mais aussi des spécificités liées à la réalité du projet que l’on a entre les mains. Pour Désenchantées, nous avons souhaité travailler notre impact carbone sur deux postes en particulier. Le premier concerne les costumes et les décors, car la moitié de la série se situe en 1999-2000, ce qui nécessite une véritable réflexion pour minimiser nos besoins, acheter de façon durable et redonner une seconde, voire une troisième vie, aux objets et vêtements (sans dénaturer le propos artistique). 

Ensuite, sur les transports des comédiens et des équipes, nous tournions en bord de mer à Ault dans la Somme, loin des grandes lignes TGV : il a fallu convaincre les comédiens et les équipes ponctuelles de venir sur le lieu de tournage en composant avec les aléas des lignes régionales. Cela faisait d’ailleurs écho à notre récit, où le personnage principal, Fanny, arrive à Bouville-sur-mer en TER.

Un tournage en milieu naturel

Vous avez tourné sur les plages et falaises d’Ault et d’Onival, situées dans la région de la Somme. Comment avez-vous procédé pour limiter l’impact de la production sur ces milieux naturels ?

Les tournages sur les plages et les falaises ont été encadrés et inspectés par la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) de la Somme, qui impose un cadre strict, mais totalement nécessaire. Nous avons parfois dû réadapter le scénario (un feu sur une digue plutôt que sur la plage) ou ajuster nos moyens techniques (en utilisant le stead plutôt que des dispositifs plus intrusifs). L’usage du drone a été strictement encadré par la DDTM, et l’équipe de pilotes a été choisie pour son expertise en la matière. J’ai aussi eu la chance de travailler avec un régisseur général, François Goursaud, fin connaisseur en ornithologie, qui a été déterminant pour appréhender le tournage sur les falaises.

Intégrer le bien-être animal dans sa démarche

Vous avez tourné avec un chien : quelles mesures spécifiques ont été mises en place pour garantir son bien-être ? 

Nous avons collaboré avec Valérie Chavanon de Ciné-animal, qui connaît parfaitement son métier et qui s’est portée garante du bien-être de l’animal. Il a fallu beaucoup de communication avec le metteur en scène pour préciser ses intentions sur la séquence d’ouverture d’un épisode et adapter le découpage en fonction des contraintes déterminées par la dresseuse. Une répétition la veille, sans équipe technique ni figurants, a été organisée, permettant de préparer progressivement l’animal aux contraintes du tournage. Côté production, nous avons veillé à répondre aux recommandations de Ciné-animal afin de garantir le bien-être du chien, tant en amont (choix de l’hébergement) que sur place. À ce sujet, l’association CAPA a été créée, et je suis attentivement leurs engagements.

Une post-production éco-responsable

Concernant la post-production, quelles actions concrètes ont été mises en place pour réduire l’empreinte écologique du projet ?

La post-production a un réel impact carbone, qui est moins visible, mais pourtant bien réel. Nous avons donc réuni les équipes images et post-production afin de mettre en place un workflow à la fois efficace et respectueux de l’environnement (réduction des copies et des disques durs, compression des fichiers, archivage des rushs en LTO…). Nous restons cependant dépendants des exigences des chaînes et des plateformes.
Pour les déplacements, la présence d’un DIT (Digital Image Technician – Technicien de l’Image Numérique) sur le plateau nous a permis de ne pas transporter immédiatement les rushs au laboratoire. Ceux-ci étaient transportés par train, comme le reste de l’équipe, une à deux fois par semaine. Une partie de la post-production a été réalisée en Belgique (notamment les bruitages), sans nécessiter de déplacement supplémentaire des équipes.

Bilan de la démarche d’éco-production de Désenchantées

Était-ce la première fois que vous gériez une demande de labellisation Ecoprod ? Quels ont été les principaux enseignements de cette première expérience ?

C’était la première fois que j’étais responsable de la labellisation Ecoprod d’un projet, mais je suis habitué à travailler sur des tournages labellisés. C’est un exercice stimulant que d’essayer de fabriquer de manière la plus écologique possible. Et nous sentons une réelle envie des techniciens et des comédiens d’adopter une posture qui va dans le bon sens.